Les Mythiques cabanons de Sormiou

Les Mythiques cabanons de Sormiou

Nichés au cœur du massif des calanques, érigé en Parc National et classé au Patrimoine National de l’UNESCO, les cabanons du site de Sormiou ont vu le jour dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

 

C’est en 1876 qu’un dénommé  Charles BURET en fit l’acquisition aux enchères pour en doter sa fille la poétesse Marie connue sous le nom de Marie de Sormiou.

 

En 1885, Marie BURET épouse  le romancier Alfred de FERRY, issu d’une ancienne famille aristocratique provençale, qui fait bâtir une grande bâtisse connue sous le nom de château, qui abrite aujourd’hui un restaurant, et les dix-sept premiers cabanons. Illustres représentants des arts et des lettres, Marie et Charles possèdent  également une grande bastide sur Marseille, « La Magalone »  dans laquelle ils reçoivent les beaux esprits de l’époque, au premier rang desquels Anna de Noailles et  Frédéric Mistral, auteur du félibrige provençal et prix Nobel de littérature pour son ouvrage « Mireille ».

 

Le nombre de cabanons n’a cessé de croître au fil des années pour avoisiner désormais les cent trente unités, parmi les quelques 300 qui peuplent l’ensemble des calanques. Les cabanons sont la propriété exclusive de sept arrières petits enfants, de Marie de Sormiou, désormais constitués en SCI.

 

Car, il faut le savoir, les cabanonniers de Sormiou, à l’inverse de ceux de la plage de la pointe rouge, aux portes des Calanques,  ne sont pas propriétaires de leurs cabanons, ils en sont les heureux dépositaires. Dépositaires d’une partie structurante de l’âme et de l’art de vivre à la Marseillaise, ils perpétuent la tradition du Cabanon. Naguère lieu de refuge pour les pêcheurs de Mazargues, à l’époque village voisin, lieu mixte qui permettait de ranger les filets  mais aussi de se restaurer et de passer la nuit à l’abri, il aura fallu attendre le début du vingtième siècle pour que le cabanon prenne sa forme définitive. Un lieu dédié au bonheur, à la convivialité, une antre où il fait bon boire, manger, disserter, galéjer, bref un lieu de vie … où il fait bon vivre.

 

Un lieu privilégié, comme décroché du temps, de ses vicissitudes et de ses tourments, un espace protégé des agressions du monde extérieur, une parenthèse savoureuse, faite de cris, d’éclats de voix, de franches rigolades, d’ éléments intenses de vie : le cabanon est un faiseur de souvenirs heureux. Se faisant, et tout en étant indubitablement, un élément consubstantiel, voire fondateur, de la culture marseillaise et provençale,  l’esprit du Cabanon transcende l’espace et le temps, les générations et les lieux, il fait écho à notre humaine condition et s’adresse à notre part d’humanité et à l’Humanité toute entière.